Chapitre 322 : Méfiance mutuelle
« Je sais, ah, fit très calmement Lin Zhan en hochant la tête. C’est d’être tombé amoureux de toi, fils de pute. »
Xuan Wushe : « … »
« Ta bouche donne vraiment envie de la sceller et de la martyriser. »
Lin Zhan lâcha un hé et répliqua :
« Espère de pervers. »
Xuan Wushe ne releva pas et tendit un doigt fin et splendide pour caresser le coin de la bouche de l’autre homme. Il fit :
« Ta plus grave erreur, c’est que tu n’as jamais fait confiance à ce roi du début à la fin. »
Lin Zhan fronça les sourcils, un peu mécontent, et voulut reculer pour esquiver mais sans s’en rendre compte, il s’était retrouvé contre une colonne à cause des actions du souverain de l’Est. Dans son dos se trouvait une colonne du pavillon et derrière cette colonne se trouvait la mer. Il n’avait donc nulle part où se cacher.
Lin Zhan ferma simplement les yeux et fit d’un ton de ferveur, comme un martyre :
« Qu’est-ce que tu as fait pour mériter ma confiance ? Xuan Wushe, nous ne sommes que des sex friends, tu peux comprendre ça ? Laisse tomber, je n’arrive pas à communiquer avec des gens d’un autre monde comme toi. Ah si, comme le disent les gens de ton monde, nous avons eu une relation à court terme. Après avoir couché ensemble, chacun rentre chez lui pour retrouver sa mère — ce qui me fait penser que ta mère ne m’a jamais vraiment aimé. Au fait, tu as épousé cette princesse de je ne sais plus quel clan ? Vous avez eu un bébé ? Il a quel âge, le petit, ah ?!
– Pourquoi, tu veux faire un cadeau ? »
Le souverain de l’Est retint un rire de colère.
« Un cadeau ? Dans tes rêves ! Tu veux vraiment sauver la face ? »
Lin Zhan le fixa d’un air féroce, comme s’il voulait le mordre et le déchiqueter. Il grinça des dents et ajouta :
« Tu ferais mieux de me garder emprisonné ici pour le restant de mes jours. Sinon, si j’arrive à sortir d’ici un jour, je trouverai le moyen de tous vous buter, bande d’enfoirés !
– Tu peux toujours essayer de sortir d’ici, mais je crains fort que personne au monde n’osera s’opposer au clan Xuan, répondit l’autre homme, pas du tout impressionné par ses menaces.
– Ce n’est pas tout à fait vrai. »
Lin Zhan eut un petit sourire un peu moqueur.
« Le Vénérable Démon Lie Sang a toujours eu des vues sur moi. Si je vais le trouver, il risque sûrement de se fâcher et de devenir bleu de colère. Même si ça fait dix ans que je n’étais plus venu dans les Neuf Royaumes, je sais que You Ming a été gravement blessé et n’est plus au sommet de sa forme. Xue Ji s’est laissé aveugler par l’amour et n’a plus aucun intérêt à étendre son territoire. Alors parmi les trois Vénérables Démons, seul Lie Sang a un peu d’ambition. Il ne laissera pas les démons décliner ainsi. »
Le visage de Xuan Wushe n’exprima rien, mais la Mer d’Illusion du Lotus fut agitée par des vagues et des nuages, comme un miroir de son humeur actuelle.
Il lâcha le menton de Lin Zhan et fit :
« Puisque tu veux obtenir de manière détournée des renseignements sur ton ancien amant, ce roi a autant te l’apprendre — tu te trompes. Puisque Lie Sang a osé touché à la personne de ce roi, il était hors de question qu’il s’en tire à bon compte. »
Lin Zhan en resta stupéfait un moment, puis demanda :
« Qu’est-ce que tu lui as fait ?
– Ce roi voulait le tuer, mais le Dao du Ciel lui a octroyé un sursis face à la mort. Cependant en ce moment, il est fort possible qu’il soit dans un état encore pire que la mort.
– Putain… »
Lin Zhan voulait l’insulter, mais cela n’aurait servi à rien.
Traduction faite par Karura Oh. Lisez sur mon site http://karuraoh.free.fr ou sur Scan Manga. Si vous la voyez sur un autre site, c'est qu'ils ont volé cette traduction !
Xuan Wushe le regarda et continua d’un ton calme :
« Ce roi ne se soucie guère de ce qui s’est passé entre Lie Sang et toi. Bien que ce soit à son instigation et avec son aide que tu t’es enfui à la base, vous avez déjà tous les deux payé le prix amer de vos actes. »
Lin Zhan roula des yeux.
Le souverain de l’Est ignora son mouvement d’humeur et demanda d’un ton détaché :
« En plus, ce roi n’avait jamais compris pourquoi tu avais pris le manuel d’épée des Neuf Postures du Lotus Bleu à la base, mais c’est à présent plus clair. Il se trouve que c’était parce que tu portais l’enfant de ce roi et que tu voulais assurer son avenir. »
Lin Zhan ne put s’empêcher de rouler de nouveau des yeux et de lancer avec concision :
« N’importe quoi ! »
Xuan Wushe ne cilla même pas et poursuivit :
« Tout ce que tu savais, c’est que les descendants directs du clan Xuan peuvent pratiquer Les Neuf Postures du Lotus Bleu. Mais ce roi ne t’a jamais dit qu’il n’y a qu’un seul moyen d’hériter véritablement des mouvements et techniques internes de cette méthode : c’est par le sang. Pour faire simple, du moment que quelqu’un possède le même sang que ce roi, Les Neuf Postures du Lotus Bleu va apparaître naturellement dans sa mer de connaissances quand le moment viendra. C’est également un moyen très simple pour notre clan de déterminer si quelqu’un est des nôtres ou pas et c’est aussi l’unique moyen d’obtenir Les Neuf Postures du Lotus Bleu. »
Lin Zhan en resta complètement choqué. Une pensée défila tel l’éclair dans son esprit et il la rattrapa en dernière minute.
Il jeta un regard incrédule à l’autre homme.
« C’est hérité par le sang ? Alors pourquoi tu m’as emmené voir le manuel des Neuf Postures du Lotus Bleu conservé dans la chambre secrète ? Et pourquoi tu m’as dit que n’importe qui pouvait le pratiquer ? »
Lin Zhan haleta, ses lèvres tremblantes.
« Tu m’as toujours soupçonné d’en avoir après Les Neuf Postures du Lotus Bleu de ton clan Xuan ? Hé bien, Xuan Wushe, as-tu confirmé tes soupçons ? »
Les yeux de l’autre homme s’assombrirent.
« En effet, mais il semble que ma supposition de départ était fausse. »
Lin Zhan parut soudain vidé de toutes ses forces. Il s’appuya contre le pilier derrière lui.
Avec un sourire amer, il fit faiblement :
« Xuan Wushe, tu n’arrêtes pas de dire que je ne t’ai pas fait assez confiance mais est-ce que toi, tu m’as fait confiance un jour ? Je m’étais toujours demandé comment j’avais pu m’échapper si facilement de ton territoire et comment j’avais pu m’emparer sans problème des Neuf Postures du Lotus Bleu. Il s’avère qu’en fait, tu avais déjà anticipé le moindre de mes mouvements. Alors si tu ne veux pas me laisser partir, je n’aurai pas la moindre chance de quitter cette Mer d’Illusion du Lotus de toute ma vie. »
Xuan Wushe agita les lèvres de manière imperceptible, comme s’il voulait dire quelque chose avant d’estimer qu’il était inutile de s’expliquer.
Lin Zhan renifla.
« Alors cette copie des Neuf Postures du Lotus Bleu est en fait l’indemnité de rupture que tu m’as donnée, pas vrai ? Non, puisque tu m’as toujours soupçonné d’avoir des intentions mauvaises et de t’avoir délibérément approché, j’imagine que ce manuel n’est pas vrai. C’est bien un faux ?
– En effet, répondit calmement le souverain de l’Est. Il n’existe aucun manuel tangible des Neuf Postures du Lotus Bleu. »
C’était ce que Lin Zhan s’était dit.
Il fut si furieux qu’il ne put s’empêcher de se frotter les mains et de ricaner.
« Le souverain de l’Est est vraiment remarquable. Depuis mon arrivée dans les Neuf Royaumes il y a vingt ans, les gens n’ont cessé de me rappeler que dans tout ce monde, seul le souverain de l’Est était la personne à ne jamais offenser. Je suis complètement convaincu à présent. Tu as été jusqu’à utiliser un faux Neuf Postures du Lotus Bleu pour te débarrasser une bonne fois pour toutes de ma présence pénible. Je parie que toi, le grand ancêtre du clan Xuan, et la fille aînée de cette famille machin, vous ne m’ayez toujours traité comme une vaste blague depuis le tout début !
– Qui t’a dit de voler Les Neuf Postures du Lotus Bleu ? Si tu n’avais pas fait ça, je ne t’aurais jamais mal compris ! »
Le souverain de l’Est estimait que ce n’était pas sa faute.
Traduction faite par Karura Oh. Lisez sur mon site http://karuraoh.free.fr ou sur Scan Manga. Si vous la voyez sur un autre site, c'est qu'ils ont volé cette traduction !
« Oui, ah, j’ai effectivement volé Les Neuf Postures du Lotus Bleu. »
Lin Zhan sourit, mais ses yeux étaient remplis de tristesse.
« Tu voulais épouser ta concubine royale pour faire d’elle la maîtresse de tout le clan Xuan et l’autre souveraine du Royaume de l’Est, sauf que tu me tenais en haute estime. Ta mère, qui m’avait toujours regardé de haut, m’a rendu la vie très difficile… »
Lin Zhan ferma les yeux et et rit d’une voix rauque.
« Ha ha… Tu n’as aucune idée à quel point ta réponse m’a énormément déçu et fait du mal quand je t’ai demandé ce que tu ferais si un jour, je portais ton enfant — tu as dit qu’une fois que ton propre enfant serait né, tu me l’apporterais pour l’élever avec moi, mais que j’étais voué à n’avoir aucun enfant biologique avec toi. »
Il renifla de nouveau.
« Je me suis dit que tu n’aimais pas les enfants mais que pourtant, tu voulais en avoir avec une autre. J’ai eu l’impression que tu ne faisais que me mépriser du début à la fin. Tu te disais sûrement que je n’étais pas digne, hein ?… Mais en même temps, j’avais déjà ton petit gars dans mon ventre. Dis, tu croyais que j’allais accepter de me débarrasser de lui ? »
La voix de Lin Zhan était devenue rauque et ses yeux étaient devenus complètement vides. C’était comme si la douleur était si extrême qu’il ne restait plus que de l’engourdissement.
« Je me suis dit à l’époque, pourquoi était-ce à moi de faire un tel compromis ? Je voulais donner naissance au fils aîné de ton clan Xuan. Je voulais qu’il pratique Les Neuf Postures du Lotus Bleu. Puisque mon fils allait naître sans père, j’allais tout planifier pour lui. Je voulais qu’il revienne dans les Neuf Royaumes et au Royaume de l’Est d’ici quelques décennies pour piétiner tous ceux qui m’avaient insulté et humilié à ce point. Je voulais qu’il vous affronte, toi et le fils de ta concubine impériale. Je voulais voir ta tête exprimer ta stupéfaction et ton échec, toi qui donnes toujours l’impression de tout contrôler ! »
En voyant Lin Zhan se comporter de manière si rare, les yeux de Xuan Wushe s’assombrirent un peu.
Il fit :
« Si tu as d’autres idées dans le genre, autant tout dire d’un coup. »
Lin Zhan inspira profondément et ferma lentement les yeux.
« En fait, ça ne rime à rien de dire tout ça maintenant. J’aurais juste l’air d’une amante qui se plaint. Par la suite quand mon bébé est né, il était si petit et si tendre. Toutes mes pensées de vengeance se sont envolées et se sont dissipées. Je ne lui ai jamais parlé des Neuf Royaumes. J’espérais juste qu’il pourrait vivre librement et confortablement, traçant son propre chemin… Toi et moi n’avons jamais appartenu au même monde et ce ne sera jamais le cas. Souverain de l’Est, puisque vous m’avez déjà laissé partir une première fois, pourriez-vous faire comme si j’étais mort ? Mon fils ne viendra rien voler au clan Xuan, ce n’est qu’une personne ordinaire.
– Le fils de Xuan Wushe est destiné à être tout sauf ordinaire depuis sa naissance, fit doucement le souverain de l’Est. Ah Zhan, pourquoi tu ne m’as jamais dit le moindre mot au sujet de ces pensées qui te hantaient ?
– Même si je voulais te le dire, c’était difficile pour moi de te voir. »
Lin Zhan eut un sourire alors même que des larmes coulaient sur ses joues.
« Quand tu ne voulais pas me voir, je ne pouvais pas te contacter quoi que je fasse. C’est comme maintenant que tu as voulu m’emprisonner, je suis incapable de m’échapper. Tu peux me réduire en poussière d’un simple claquement de doigts, tandis que je ne peux absolument pas te faire le moindre mal. Tu vois, tel est le fossé entre nous. Plus tard quand j’ai pu te voir, j’ai trouvé que ces paroles étaient trop mélodramatiques, alors je n’ai pas eu le cœur à t’en parler. Je me suis dit : même si je te disais tout ça, à quoi bon ? Tu as déjà parfaitement planifié ta vie et tu ne risques pas de changer quoi que ce soit juste pour un simple Lin Zhan. Tu ne laisses personne aller à l’encontre de tes idées. Comment aurais-je pu penser que quelques mots de ma part pouvaient te faire changer d’avis ?
– Voilà pourquoi j’ai dit que ta plus grave erreur avait été de ne jamais me faire confiance. »
Traduction faite par Karura Oh. Lisez sur mon site http://karuraoh.free.fr ou sur Scan Manga. Si vous la voyez sur un autre site, c'est qu'ils ont volé cette traduction !
Le visage froid et parfait de Xuan Wushe se fissura comme la pointe d’un iceberg, laissant transparaître des traces d’émotions complexes.
Pendant très longtemps, il n’avait pas compris pourquoi Lin Zhan et lui en étaient arrivés là. Ce n’était pas comme s’ils n’avaient pas eu un tendre passé ou de précieux souvenirs ensemble. Alors comment avaient-ils pu finir par se disputer à ce point ?
Le souverain de l’Est déglutit et demanda :
« Tu as déjà songé à rester avec moi pour toujours ? »
Lin Zhan eut un léger rire d’auto-dérision.
« Bien sûr, c’est ce que j’ai toujours voulu. Avant que tu me dises que tu voulais que j’élève l’enfant que tu aurais avec une autre, je me disais stupidement que du moment que je pouvais rester à tes côtés, je pourrais tout endurer. Mais j’ai ensuite compris que ce ne serait plus possible. »
Xuan Wushe leva les mains pour saisir les épaules de l’autre homme. Il se rappelait chaque moment que Lin Zhan et lui avaient passé ensemble alors naturellement, il se souvenait très bien de ce jour-là.
Quand il avait prononcé ces mots, Lin Zhan avait fait une drôle de tête. Cependant, Xuan Wushe avait eu la tête pleine des affaires du royaume et n’y avait pas plus prêté attention que ça. Et comme quelque chose d’urgent nécessitait sa présence, il n’avait pas répondu au Pourquoi ? qu’avait murmuré Lin Zhan.
À cause de cette erreur et de bien d’autres, le malentendu entre eux n’avait fait que grandir, jusqu’à totalement les séparer.
Quand il y repensait, il se disait que ce qu’il avait prévu au départ avait effectivement été ridicule. Dire qu’il avait cru qu’il pourrait changer de force ce que le Dao du Ciel avait prévu.
« Bien sûr que je voulais un enfant avec toi, fit Xuan Wushe à travers ses dents serrées. J’en rêvais mais à cette période où j’allais entrer en retraite spirituelle, le jour de l’ascension du nouvel empereur de la Capitale Céleste de l’Empereur Pourpre se rapprochait et la famille de prophètes était comme dix mille paires d’yeux braqués sur le Royaume de l’Est, épiant le moindre de mes mouvements. C’était vraiment impossible pour moi d’engendrer un enfant avec toi durant cette période.
– Arrête de te chercher des excuses ! répliqua froidement Lin Zhan en repoussant ses mains. Je t’ai entendu de mes propres oreilles parler d’avoir un enfant avec elle.
– C’est uniquement parce que la famille Yan et la famille de prophètes avaient les yeux braqués sur mon premier fils qui n’était même pas encore né. »
Les yeux de Xuan Wushe devinrent sombres et glaciaux, comme remplis d’une colère sans limite. Il ajouta :
« Si jamais il osait venir au monde, ils auraient tenté par tous les moyens de le tuer. »
Note de Karura : C’est fait exprès que Lin Zhan parle de sex friends au début du chapitre.
Commentaires :