Prisonnier du Temps 1

Prologue :
La ville déserte,
la prison du Temps



Chapitre Un : La veille de la Nouvelle Année



Yan Tuo Se détacher des apparences. (1) devait son nom à son grand-père. Le vieil homme souhaitait que son petit-fils ne soit pas attaché aux biens matériels, qu'il soit tourné vers le spirituel et qu'il mène une vie heureuse. Qui aurait cru que malgré l'explosion d'internet et la surconsommation, la société serait néanmoins de plus en plus harmonieuse ? Le nom de Yan Tuo devint un nom harmonieux, repris dans de nombreuses publicités pour shampoing Yan signifie aussi couleur, donc je pense qu'il s'agit de shampoings colorants et un slogan du genre "Dites adieu à vos cheveux gris" ou "Changez de couleur". (2).

Cependant, le plus gros problème de Yan Tuo n'était pas son nom mais sa gestion du temps.

Il souffrait de procrastination au dernier degré. Il rendait tout le temps ses devoirs à la dernière minute. Pendant les contrôles, il écrivait jusqu'à la dernière seconde, et lors des soirées, il était le dernier à partir.

Comme il n'était pas un dieu, il ne parvenait pas à avoir de bons résultats. À cela s'ajoutaient donc des contrôles qui n'étaient pas finis, des devoirs rendus hors-délai ainsi que ses autres retards fréquents en cours, en sports et dans tous ses loisirs.


En fin de compte, tous ces retards n'étaient dû qu'à une chose : Yan Tuo était fainéant à l'extrême. Voilà pourquoi il refusait de se bouger jusqu'à la dernière minute, tant que ce n'était pas absolument nécessaire.

Mais dans le fond, tout cela n'était pas trop grave : durant les deux premières décennies de sa vie, tous ces retards n'avaient fait que peu de torts à Yan Tuo. Le fait de ne pas terminer ses contrôles ne lui retirait que quelques points. Idem pour les devoirs en retard. Au pire, les professeurs consignaient simplement ses retards en cours. Ses amis le connaissaient bien et savaient que Yan Tuo était toujours en retard pour les soirées.

Cela ne l'empêcha donc pas de devenir un excellent citoyen socialiste.

Yan Tuo avait bien conscience de son problème, mais il n'y faisait pas vraiment attention. Après tout, la procrastination avait existé de tout temps, sinon il n'y aurait pas eu ce poème, La Chanson du Lendemain, qui disait : Il y a un lendemain après demain ; ça fait bien trop de lendemains La suite du poème est :
Il y a un lendemain après demain ; ça fait trop de lendemain
À force d'attendre chaque jour demain, tout est gâché.
Le sens est qu'il faut profiter du jour présent. Yan Tuo l'interprète ici d'une façon qui l'arrange bien !
(3).


* * *


Cela dura jusqu'au 31 Décembre de cette année. Des amis et lui s'étaient donnés rendez-vous à la plus célèbre place de Mingyue pour participer au compte à rebours traditionnel.

Pour ne pas changer, Yan Tuo était encore en retard.

La place était blindée, comme si la moitié de la ville s'était réunie là. Il regarda tout autour de lui mais ne vit pas ses amis. Il appela donc son ami Bai Xiaopan, qui lui dit qu'ils se trouvaient près de la cloche en bronze.

Cette cloche en bronze était le symbole de la place et un lieu de rendez-vous prisé de la ville de Mingyue. Ce soir-là, tout le monde s'y était retrouvé.

Yan Tuo dut se frayer un chemin. à 23:59, des cris de joie s'élevèrent de la foule et le compte à rebours du Nouvel An démarra en chœur.

« Dix, neuf, huit, sept... » s'écrièrent les gens qui se réjouissaient à l'approche d'une nouvelle année.

Yan Tuo continua à jouer des coudes pour se diriger vers la grande cloche en bronze, tout en murmurant lui aussi :

« Dix, neuf, huit, sept.... trois, deux, un ! »


D'immenses feux d'artifice éclatèrent au-dessus des gens, et tout le monde se mit à sauter de joie. Yan Tuo s'arrêta aussi et leva la tête pour admirer les feux d'artifice qui illuminaient le ciel.

Il ne s'était pas rendu compte que lorsqu'il avait dit le compte à rebours, il avait eu une seconde de retard par rapport aux autres.

Les feux d'artifices se terminèrent peu après, et le ciel nocturne retrouva sa tranquillité. Les gens se dirigèrent vers la sortie en riant et en discutant.

La foule ne s'attarda pas et la zone se vida bientôt. Yan Tuo poussa un soupir de soulagement et s'arrêta pour appeler Bai Xiaopan.

Cependant, ce dernier ne décrocha pas cette fois et il n'entendit que la tonalité.

Yan Tuo se dit : Il y a peut-être trop de bruit et mes amis n'entendent pas la sonnerie. C'est normal. Il appela ensuite ses autres amis, mais aucun ne décrocha.

Mes amis sont sûrement en train de me chercher. Ce sera plus facile si je reste sur place. Yan Tuo leur envoya un message pour leur donner sa position, puis joua sur son portable en attendant que ses amis le rejoignent.


Il consulta Weibo, et tous les messages dataient du 31 Décembre.

Quelqu'un n'aurait pas déjà dû poster une rétrospective de l'année passée et souhaiter une bonne année à tout le monde ? Cela dit, comme il y avait plein de gens autour, le réseau ne devait pas être au top. Perplexe, Yan Tuo se dit que cela devait être la raison.

Il voulut poster deux commentaires et vit alors que l'heure indiquée était 23:59, le 31 Décembre.

Le réseau était vraiment pourri. Yan Tuo jura et rangea son portable, agacé. Il leva de nouveau les yeux vers la cloche de bronze centenaire, le lieu de repère. L'immense horloge indiquait toujours minuit, comme avant ; elle semblait immobile.

Cependant, cette fois, Yan Tuo vit Bai Xiaopan et ses quatre autres amis se diriger en périphérie de la place.

Il courut vers eux en criant le nom de Bai Xiaopan, mais ils continuèrent à marcher comme s'ils n'avaient rien entendu. Ils allaient très vite, Yan Tuo dut courir pour les rattraper.

Quand il se rapprocha, il entendit Bai Xiaopan dire :

« Yan Tuo, ce lâcheur, est encore en retard. Allons l'attendre au café plus loin. »


Il y avait bien trop de monde. Ils n'entendirent pas les appels de Yan Tuo, bien qu'ils n'étaient pas loin. Ils se mêlèrent à la foule. Impuissant, Yan Tuo les vit disparaître dans la foule, comme s'ils ne noyaient dedans.

Il consulta son portable : aucun message ou appel manqué.

Merde, si vous allez au café, vous pourriez au moins me le dire, sinon comment diable pourrais-je vous retrouver ? songea Yan Tuo.

Cependant, il ne prit pas trop cela à cœur et rentra chez lui tout seul. Il ne trouva pas de taxi. Heureusement, la place n'était pas très loin de chez lui : cela ne lui prendrait que quinze minutes à pied.


Il nota bientôt un fait étrange : la ville de Mingyue était une grande ville, et la place se trouvait au centre. Il y avait toujours beaucoup de circulation à cette heure. Comment alors cela se faisait-il qu'en cette nuit de Nouvel An, il ne voyait pas une seule personne ni une seule voiture ?

Il y avait bien des voitures garées dans la rue, mais aucune en route.

Y avait-il une restriction particulière pour le Nouvel An qui interdisait tout trafic ?

C'était sûrement ça. Il trouva cette explication logique mais en même temps, des doutes s'élevèrent à nouveau dans son esprit : il y avait eu tant de gens qui avaient quitté la place juste avant, comment se faisait-il qu'il ne voyait plus personne à présent ?

Yan Tuo s'interrogea mais renonça rapidement à comprendre et décida plutôt d'aller au café.


Le café était brillamment éclairé, comme toujours, et il y avait des Oden encore fumants, des petits pains à la vapeur et des œufs au thé sur le comptoir. Il put en sentir la chaleur en entrant, cependant il ne vit ni client ni serveuse.

Peut-être que le patron n'était pas là, alors la serveuse était allée faire rangement dans la réserve, ou bien elle en avait profité pour appeler son petit-ami.

Yan Tuo attendit à une table et attendit longtemps, mais il ne vit ni Bai Xiaopan et ses amis, ni la serveuse. En plus, il se rendit compte que son téléphone avait un souci : l'horloge s'était arrêtée à 23:59:59, alors il lui était impossible de savoir l'heure ou depuis combien de temps il attendait.

Yan Tuo resta assis à attendre un bon moment ; il eut beau appeler ses amis, personne ne décrocha. Il finit par envoyer un message à Bai Xiaopan et les autres pour leur dire qu'il rentrait chez lui, puis il se dirigea vers la maison afin de tenter de l'appeler avec la ligne fixe.


* * *


Ses parents vivaient dans une autre ville. La maison appartenait à son grand-père. Yan Tuo étudiait dans l'université de la ville de Mingyue. Afin de pouvoir jouer en paix aux jeux vidéos, il revenait là quand ses horaires le lui permettaient. Depuis le décès de sa grand-mère, son grand-père vivait chez l'oncle de Yan Tuo, pour que celui-ci s'occupe du vieil homme. Alors Yan Tuo vivait seul.

Au départ, Bai Xiaopan devait passer la nuit ici pour jouer en ligne jusqu'à pas d'heure. Yan Tuo avait donc spécialement fait le lit avant de partir, préparant deux oreillers et deux couvertures. En fin de compte, il ne savait pas où était l'autre et ne pouvait même pas le contacter, mais tout était de sa faute et il ne pouvait pas en vouloir à Bai Xiaopan.


Yan Tuo avait perdu tout espoir pour ce Nouvel An, tout cela encore à cause de sa paresse. Après une douche rapide, il se mit au lit avec son portable et joua à des jeux en attendant de s'endormir. Il manipula son portable un bon moment, chercha aussi des astuces sur le net, tout ça pour ne pas arriver à régler l'heure de son portable. Il prévit alors de retourner à la fac le lendemain et de trouver un professionnel qui y jetterait un coup d'œil.

Ce devait être un bug programmé des fabricants de portables, tout ça pour inciter les gens à changer pour le dernier modèle. Toutefois, Yan Tuo ne se ferait pas avoir. Il connaissait un jeune homme dans le magasin d'électronique près du la fac qui réparait à merveille les portables.


Yan Tuo tâtonna pour éteindre la lumière, mit en route la clim, se pelotonna dans la couverture et sombra dans le pays des rêves lors de cette calme et chaude nuit d'hiver.

Il ne se rendit pas compte qu'il y avait une autre entité allongée à côté de lui.

Dans son sommeil, il sentit des bras autour de son corps et un doux murmure retentit à son oreille, la voix humaine un peu maladroite :

« Tu es à moi. »

À cet instant, il était plongé dans le sommeil, bien au chaud, son seul souci étant son portable à faire réparer. Par conséquent, il ne s'était pas rendu compte de la situation.


Le monde entier était entré dans une nouvelle année. Lui seul resta la veille du Nouvel An dans le Huitième District Est.


Pour toujours le 31 Décembre.




Notes du chapitre :
(1) Se détacher des apparences.
(2) Yan signifie aussi couleur, donc je pense qu'il s'agit de shampoings colorants et un slogan du genre "Dites adieu à vos cheveux gris" ou "Changez de couleur".
(3) La suite du poème est : Il y a un lendemain après demain ; ça fait trop de lendemain
À force d'attendre chaque jour demain, tout est gâché.
Le sens est qu'il faut profiter du jour présent. Yan Tuo l'interprète ici d'une façon qui l'arrange bien !






Commentaires

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Tu n'as pas rempli tous les champs !


Kayachoumin a écrit le 2021-01-27 17:56:03
Le premier chapitre nous donne evie d'aller plus loin c'est incroyable <3