Prisonnier du Temps 51

Chapitre Cinquante-et-un : Dans le jeu


Après un bref repos, Shi Jian prit sa carte de membre et emmena Yan Tuo au quinzième étage, le niveau le plus élevé auquel ils pouvaient accéder pour le moment.

Ce quinzième étage était principalement composé d'un immense casino et il y avait d'autres installations à côté pour les gens puissent s'amuser.

Shi Jian regarda le casino de l'extérieur mais n'entra pas. Yan Tuo et lui voulaient d'abord examiner les lieux pour se faire une idée de la situation alors ce serait une perte de temps d'aller au casino pour le moment.

Près du casino se trouvait un magasin aux couleurs chaudes. Bien que le magasin ne soit pas petit, curieusement il n'y avait aucun produit à l'intérieur.


Dès que les deux hommes entrèrent, ils furent aussitôt accueillis par une employée. Ceux qui pouvaient accéder au quinzième étage étaient des clients qui avaient les moyens. Le sourire de la vendeuse était plus sincère et chaleureux.

« Bonjour, nous fournissons divers services tels que l'échange d'animaux spirituels, l'entraînement, la location et la vente, la mise en gage, etc. Que puis-je faire pour vous ? demanda la vendeuse tout en lança un regard discret à Yan Tuo qui se tenait derrière Shi Jian.

– Expliquez-moi en détail. »

L'employée fut quelque peu surprise. En général, les invités qui avaient une carte argent avaient passé un bon moment au club, alors pourquoi ce client avait l'air d'un nouveau venu qui ignorait jusqu'aux services les plus basiques pour animaux spirituels ? Était-il vraiment un nouveau client qui venait d'arriver ce mois-ci ?


Malgré ses doutes, elle invita Shi Jian à prendre place sur le canapé blanc dans le magasin et lui expliqua diligemment :

« Si vous voulez échanger votre animal spirituel avec d'autres clients, vous pouvez l'enregistrer dans nos fichiers. Si vous avez un coup de cœur pour l'animal spirituel d'un autre client ou que d'autres clients désirent le vôtre, nous vous aiderons à entrer en contact avec l'autre partie. Une fois que les deux parties arrivent à un accord, vous pourrez échanger vos animaux spirituels. La durée est librement négociée par vous deux. Une fois le temps écoulé, vous reviendrez ici pour le retour.

« En plus, vous pouvez mettre votre animal spirituel à la vente ou à la location ici. Nous vous paierons selon la qualité de votre animal spirituel. Bien évidemment nous prendrons une commission sur le montant de la transaction. Vous pouvez également louer ou acheter chez nous ; nous avons une liste d'animaux spirituels disponibles à la vente ou la location. Après l'avoir consultée, nous pouvons aussi vous montrer les animaux spirituels. Notre magasin a des succursales aux sixièmes et dixièmes étages, alors nous avons un stock conséquent.


« Mettre en gage signifie que vous nous cédez temporairement votre animal spirituel en échange d'argent. Durant cette période, nous pouvons employer librement votre animal spirituel mais nous garantissons qu'aucun dommage ne lui sera infligé. Si vous rassemblez assez d'argent pour le racheter, alors vous pourrez récupérer votre animal spirituel. »

Yan Tuo marmonna en lui-même : Pas étonnant que ce magasin soit si visible à côté du casino.

Shi Jian fronça les sourcils.

« Cela ne m'intéresse pas. De quel genre d'entraînement pour les animaux spirituels parlez-vous ? »

La vendeuse lança un autre regard discret à Yan Tuo. Elle vit que l'autre portait une chemise et un pantalon ordinaires, ainsi qu'une paire de savates en fourrures originaux. Présentement, même s'il était assis sur les genoux de son maître comme n'importe quel autre animal spirituel, il frottait de temps en temps son visage contre le torse de l'autre homme. De toute évidence, son état mental était bien meilleur que la plupart des animaux spirituels qu'elle avait déjà vus et il avait encore une touche d'innocence et de naïveté difficiles à conserver en ces lieux. De toute évidence il n'avait pas été maltraité, il suffisait de voir quelques actions simples pour comprendre qu'il était très attaché et dépendant de son maître.


Bien que son maître ait l'air indifférent et pervers, il avait refusé sur-le-champ ce qu'elle avait proposé et il n'avait même pas manifesté le moindre intérêt. D'une main fine et puissante, il caressait parfois le petit être sur ses genoux une ou deux fois, montrant ainsi qu'il appréciait beaucoup ce petit qu'il avait dressé et qu'il se montrait très possessif.

La vendeuse soupira intérieurement. Recruter un petit comme lui qui n'avait pas été endommagé était très attirant dans les niveaux supérieurs. Ça allait encore à cet étage mais si on allait plus haut, on pouvait rencontrer des gens qu'il ne fallait pas se mettre à dos. Elle espérait que ce maître pourrait protéger son petit animal.

Elle songea à cela en elle-même mais son visage resta calme. Elle s'inclina et écarta le bras.

« Nous avons plusieurs classes ici-même où se tiennent actuellement des cours pour animaux spirituels. Vous pouvez amener votre animal pour voir. »


L'employée leur expliqua pendant qu'ils regardaient :

« La plupart des cours sont fait pour que l'animal spirituel apprenne à mieux plaire et obéir à son maître. Par exemple dans cette classe, on enseigne à parler, à dire ce qu'il faut pour plaire au maître. »

Ils virent une personne dans la salle qui apprenait à plusieurs animaux spirituels à dire des mots très honteux sur un écran sur divers tons, avec la bonne expression et les bons gestes.

Shi Jian se tapota le menton et lança un regard par-dessus son épaule pour dire nonchalamment à Yan Tuo :

« Ça, c'est pour toi. »

Vu qu'il était dehors et qu'il y avait quelqu'un avec eux, Yan Tuo devint furieux mais n'osa pas répliquer. Il n'osa même pas lancer un regard alors il baissa la tête pour ne pas avoir à le regarder.

À côté, la vendeuse se mit à rire et complimenta :

« Il est trop mignon quand il se met en colère.

– Je l'ai trop gâté. Il arrive à se modérer à l'extérieur mais c'est une calamité quand nous sommes seuls. »

Shi Jian caressa la tête de Yan Tuo puis passa son bras autour de sa taille et passa à l'autre classe.


On apprenait aussi à plusieurs animaux spirituels à mieux servir le maître. Yan Tuo rougit. Il craignait que le directeur le considère comme une gêne et puisque ces cours n'étaient pas dangereux de toute manière, qu'il le laisse vraiment là pour étudier.

Rempli d'anxiété, il lança à Shi Jian un regard discret convoyant toute sa misère et son chagrin, et même la vendeuse à côté put discerner ses pensées.

Cependant Shi Jian resta totalement impassible et après la visite, il fit à la vendeuse :

« C'est très bien, cependant je préfère entraîner moi-même mon bébé. »

Yan Tuo poussa un soupir de soulagement et ne réagissait même plus quand Shi Jian l'appelait mon bébé.

La vendeuse acquiesça en souriant et raccompagna quand même respectueusement les deux hommes à la porte du magasin. Elle ne pouvait s'empêcher de trouver intéresser d'observer ce maître.

C'était la première fois qu'elle voyait une si petite créature qu'on ne pouvait s'empêcher de caresser et de taquiner. Son maître était vraiment trop mauvais, la vérité était qu'il était bien trop possessif pour la laisser voir comment son petit animal se faisait tourmenter — mais elle pouvait imaginer que cela devait être un régal.

* * *

Il y avait un restaurant à côté du magasin. Il était également cher mais l'apparence et les plats servis semblaient bons. Cependant les animaux spirituels n'étaient pas traités comme des humains ici : ils ne pouvaient pas manger à table et ne pouvaient que manger la nourriture donnée par leur maître à ses pieds.

Yan Tuo avait eu une éducation de noble. Même s'il avait déjà pris connaissance de certaines pratiques de ce club dans les documents, il trouva cela inacceptable une fois confronté à cela. Cela le mettait très mal à l'aise de voir ces animaux spirituels aux pieds de leur maître et quémandant un peu de nourriture — ici, beaucoup d'animaux spirituels n'étaient même pas aussi bien traités que de vrais animaux. Du moins, il savait que son garde avait trois chats chez lui et chacun était traité comme un empereur. Son garde était toujours loyal et dévoué, et les seules fois où il demandait un congé, c'était en rapport avec ses chats.


Quand il mit les pieds dans ce restaurant, bien que Yan Tuo se retienne autant que possible, ses yeux dévoilèrent involontairement sa réticence et sa peine. Si Shi Jian avait vraiment faim, il espérait que le directeur Shi demanderait ensuite un sac pour ramener les restes. Ainsi ce pauvre subordonné qui se dévouait corps et âme à son travail pourrait ensuite profiter d'un bon repas. En fait, ils pratiquaient tous les deux l'inédie alors ils mangeaient uniquement par envie, ce n'était pas essentiel pour vivre.

Toutefois quand le directeur entra dans le restaurant pas bondé d'un calme pas et élégant qui détonnait du reste, il choisit un petit compartiment près de la fenêtre et prit place gracieusement.

Les doléances du prince étaient presque tangibles. Il se mit à penser que cela irait s'il restait debout pendant que l'autre mangeait, plutôt que de devoir s'allonger à ses pieds.

Contre toute attente, les yeux gris pâles de Shi Jian se posèrent sur lui et il tapota soudain ses genoux puis lui fit signe et murmura :

« Bébé, viens. »


Sur le coup, Yan Tuo ne comprit pas son intention alors il s'avança lentement et fut attiré par Shi Jian pour s'asseoir sur ses genoux.

Il fut pris par surprise et tendit instinctivement les bras pour les passer autour du cou de Shi Jian.

En face du serveur, le directeur Shi embrassa la joue du petit animal sans réfléchir et fit d'un ton doux :

« Bébé, tu t'es bien comporté cette nuit. Tu m'as bien servi et tu m'as beaucoup satisfait. En guise de récompense, tu peux commander tout ce que tu veux. »

Les yeux de Yan Tuo s'écarquillèrent face à ce directeur qui racontait n'importe quoi — il avait simplement dormi dans son coin la nuit dernière et n'avait absolument pas vu ce vieil homme, d'accord ? Comment pouvait-il dire "bien servi" et "beaucoup satisfait"... comme s'il s'était vraiment passé quelque chose entre eux ?


Yan Tuo rougit mais tendit le cou pour lire le menu dans les mains de Shi Jian. Son visage s'assombrit en lisant, les prix pratiqués ici étaient bien plus élevés que dans le meilleur restaurant de l'Autre Monde. Mais il se dit ensuite qu'ils avaient encore pour tâche de collecter cinq mille autres points de contribution alors il ne se retint pas de choisir les plats les plus chers — mieux valait dépenser pour de la nourriture que pour ces objets tordus et inutiles.

Le serveur travaillait là toute l'année, qu'est-ce qu'il n'avait pas encore déjà vu ? Il n'en fut pas moins surpris de voir Shi Jian et Yan Tuo aussi proches. Il se lamenta intérieurement : ce maître semblait si bon avec son animal spirituel mais quand le petit animal était récompensé, il lançait des regards d'incrédulité à son maître. Apparemment, il était souvent maltraité et on prenait rarement soin de lui ainsi, pourtant son maître avait tout sauf l'air d'un monstre pervers.


Le restaurant servait assez vite les plats. Shi Jian ne s'embêta pas à manger, il se contenta de nourrir Yan Tuo de manière très naturelle.

Le prince était assis sur les genoux de Shi Jian et était un peu gêné d'être dans les bras de l'autre homme. Comme ils se trouvaient tous les deux dans un compartiment semi-ouvert, il ne pouvait pas désobéir à son maître alors il dut manger avec réticence la nourriture que lui donnait Shi Jian.

En même temps, le directeur semblait content de le nourrir. Il lui mordillait les oreilles en disant des choses du genre :

« Un bébé qui refuse de manger devra être puni. »

« Bébé, tu essaies de m'obliger à te punir ? »

« Comment mon bébé veut que son maître le punisse ? »

Et ainsi de suite.

Piégé, Yan Tuo ne put que rouler des yeux. Dites-moi, directeur Shi, vous voulez bien arrêter d'être aussi consciencieux ? En même temps, il se promit qu'à leur retour, il recommanderait au directeur du Département de Réincarnation de rejoindre la troupe de théâtre amateur pour personnes âgées et semi-âgées de l'Autre Monde.

… Son père était justement le chef honoraire de cette troupe de théâtre.

* * *

Dans l'Autre Monde, Yan Qingtian éternua subitement. Il leva la tête et réfléchit un moment, puis il demanda :

« Comment se porte le prince ces temps-ci ? »

Le fidèle capitaine de la garde du prince, celui qui élevait trois chats, était chargé de garder le hall principal aujourd'hui. Il répondit :

« Son Altesse et le directeur Shi sont déjà partis pour la mission spéciale.

– Oh. »

Yan Qingtian en fut soulagé. Avec le directeur Shi, son fils ne courait aucun danger.







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